CHAUD DEVANT
DĂLUGE DE MAUX ~ Pendant que la France cuit façon pot-au-feu (câest chaud, câest long et ça sent fort), la GrĂšce, elle, subit lâoption court-bouillon. Depuis le dĂ©but de la semaine, des pluies torrentielles sâabattent sur le pays. Hier, il est tombĂ© l'Ă©quivalent d'un automne de pluie en 24h au nord-ouest d'AthĂšnes, ce qui a entraĂźnĂ© de trĂšs importants dĂ©gĂąts matĂ©riels, un mort et plusieurs disparus. Que dire, aprĂšs que la GrĂšce a subi cet Ă©tĂ© des incendies historiques sur fond de canicule record ? Pas grand-chose, et pas seulement Ă cause du choc, mais tout simplement, du manque de mots, comme lâexplique Magali Reghezza, gĂ©ographe et spĂ©cialiste des risques.
Quels termes utiliser quand on a Ă©puisĂ© les champs lexicaux de lâinĂ©dit, du drame, du cataclysme ? Et pour avoir quel impact auprĂšs du public, dont on entend rĂ©guliĂšrement quâil ne faut pas lâeffrayer avec des discours effrayants ? En tout cas, du cĂŽtĂ© des adversaires de lâĂ©cologie, personne ne cherche ses mots. Patrick PouyannĂ©, prĂ©sident de TotalEnergies et plus gros pollueur de France, sâest ainsi montrĂ© si volubile durant les universitĂ©s du MĂ©def quâil en a âsubjuguĂ©â le palĂ©oclimatologue Jean Jouzel, prĂ©sent pour dĂ©fendre lâarrĂȘt des investissements dans lâĂ©nergie fossile. "Il a expliquĂ© pourquoi il allait continuer comme avant", rĂ©sume l'expert dans Les Ăchos du 3 septembre. Si le langage a ses limites pour dĂ©crire la catastrophe qui vient, les assassins climatiques, eux, nâen ont dĂ©cidĂ©ment aucune.
TAPAS DU JOUR
PrĂšs dâun.e Français.e sur cinq vit Ă dĂ©couvert cette annĂ©e, alerte le Secours populaire. Bernard, tâas pas cent balles ? // Allo Maman, bobo : le livre Le prix du berceau, qui sort jeudi au Seuil, dĂ©nonce les dangers du fonctionnement des crĂšches privĂ©es // Le Parti socialiste s'accorde sur le principe d'une liste autonome aux EuropĂ©ennes. Les Ă©lĂ©phants ne se cachent mĂȘme plus pour mourir⊠// Aux US, lâex-chef des Proud Boys et âdirigeant ultimeâ de lâassaut du Capitale prend 22 ans de prison. How do you say âChehâ in English?
HOT & POP
CORDES SENSIBLES ~ De la vie sentimentale de Paul McCartney, on connaĂźt son amour pour la photographe amĂ©ricaine Linda Eastman, Ă©pouse McCartney, morte dâun cancer du sein en 1998. On ignore par contre cette autre passion dĂ©vorante, celle entre le bassiste des Beatles et⊠une guitare, plus prĂ©cisĂ©ment, un modĂšle Höfner 500/1. Perdue en janvier 1960 Ă Londres, quelques jours avant le tout dernier concert des Fab Four, cette basse nâa jamais Ă©tĂ© retrouvĂ©e, laissant un vide dans le cĆur de McCartney, qui raconte en ĂȘtre âtombĂ© amoureuxâ la premiĂšre fois quâil lâa touchĂ©e. Mais la disparue pourrait bien refaire surface grĂące Ă Nick Wass, spĂ©cialiste des basses (oui, oui, câest un mĂ©tier) et employĂ© chez Höfner. Suite Ă un Ă©change avec lâartiste, lors duquel il a Ă©voquĂ© "sa guitare prĂ©fĂ©rĂ©e", Nick Wass a lancĂ© le week-end dernier une grande campagne mĂ©diatique, invitant toute personne possĂ©dant des renseignements, mĂȘme infimes, Ă se manifester via le hashtag #TraceTheBass.
Si, lors de son achat, la guitare nâa coĂ»tĂ© que trente livres sterling, soit environ trente-cinq euros, Ă Paul McCartney (il Ă©tait alors jeune et fauchĂ©), son prix est dĂ©sormais estimĂ© Ă plus de onze millions d'euros. Mais pour Nick Vass, sa vraie valeur est surtout historique, car elle a servi Ă composer et jouer des morceaux mythiques des Beatles, notamment sur lâalbum Get Back, enregistrĂ© lâannĂ©e de la disparition. Dans le Telegraph, le spĂ©cialiste va mĂȘme jusquâĂ comparer lâinstrument avec âun Van Gogh ou un Picasso"... RĂ©apparaĂźtra-t-il dans une malle poussiĂ©reuse, un vieux placard ou une grotte obscure ? Des lunettes de John Lennon, piquĂ©es Ă Yoko Ono Ă New York en 2006, ont bien Ă©tĂ© retrouvĂ©es Ă Berlin onze ans plus tard, tandis quâun morceau de nappe signĂ© des Beatles, dĂ©robĂ© dans un resto de Los Angeles en 1996, a finalement Ă©tĂ© localisĂ©e au fin fond du Texas lâan dernier⊠Pour rendre Ă McCartney son instrument adorĂ©, il nây a plus quâĂ compter sur les enquĂȘteurs du web et autres aventuriers de la basse perdue.
